7 mai 2013

Escapade Baie-Saint-Paul / La Malbaie

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Nouvel employé à l’Hôtel La Ferme, on m’a suggéré de faire l’expérience d’une croisière dans le Train du Massif de Charlevoix. Puisque j’ai passé plusieurs étés à sillonner Charlevoix, je suis embarqué dans la croisière Escapade Baie-Saint-Paul / La Malbaie en me disant : « que vais-je découvrir de nouveau dans Charlevoix? »

J’ai eu la réponse à ma question, en fait, j’ai eu plusieurs réponses à ma question. Tout d’abord, en prenant place dans le Train, j’ai vite ressenti un sentiment de détente, je n’avais qu’à m’installer et me laisser bercer. C’est donc attablé avec trois collègues que mon expérience ferroviaire a débuté, direction : La Malbaie.

Après seulement quelques minutes de route, coupe de vin à la main, je remarque le coup d’œil sur Baie-Saint-Paul! En effet, voir la ville des rives du Saint-Laurent m’a offert une nouvelle perspective! J’y aperçois tout à coup toute la baie, mais je m’attarde à plusieurs détails comme les pierres qui sèchent au soleil à marée basse et la faune animale qui s’anime, en nous présentant des oiseaux que nous n’avons pas l’habitude de côtoyer, notamment de superbes rapaces.

Nous poursuivons notre trajet et j’ai le choix d’observer l’Isle-aux-Coudres à ma droite, ou les montagnes à ma gauche. Choix déchirant, j’opte pour le côté de la mer. Je redécouvre des villages comme Saint-Joseph-de-Rive que j’ai connu en allant prendre le traversier et en arrêtant manger une brioche à la boulangerie. Surprise! Nous traversons le village en Train et plusieurs résidants nous envoient la main. Je remarque, pour la première fois, plusieurs bateaux, qui ressemblent étrangement à des goélettes, quelques commerces et encore une fois, des paysages à couper le souffle.

Décidément, ils veulent que je me souvienne de ma croisière. Notre serveur, qui a d’ailleurs pris le temps de répondre à toutes mes questions tout au long du trajet, nous amène une première entrée à grignoter, de la cuisine du terroir. Je ne vous énumérerai pas les trois plats que nous avons dégustés, un à l’aller et deux au retour, mais ils ne font qu’agrémenter notre expérience, d’autant plus que le chef a pris le temps de venir nous saluer.

Nous sommes donc rendus quelque part entre Baie-Saint-Paul et La Malbaie, probablement Les Éboulements ou Saint-Irénée, du moins, c’est ce que le Ipad sur la table m’indique. D’ailleurs, j’ai apprécié les compléments d’informations que proposent les vidéos sur les Ipad, comme la formation de Charlevoix à la suite de la chute d’une météorite, la vie marine du Saint-Laurent ou des informations sur Baie-Saint-Paul.

En fait, j’en ai eu plein la vue jusqu’à La Malbaie. Entre les parois rocheuses imposantes, le fleuve à perte de vue et les plages qui s’additionnent le long des rails, je ne sais où donner de la tête, d’autant plus que l’ambiance du Train nous entraîne dans une bonne humeur qui m’amène à discuter et à partager mon émerveillement avec d’autres passagers.

Arrivé à La Malbaie, j’ai plusieurs de belles photos en tête. Sur le chemin du retour, je suis moins bavard, et plus songeur. Je me demande comment je vais réussir à décrire l’expérience que j’ai vécue à bord du Train. Oui, une expérience ferroviaire qui présente des paysages impressionnants, mais aussi une expérience humaine qui m’a fait redécouvrir mon coin d’adoption!

Texte par Matthieu Tremblay

Crédit photo : Marie-Ève Chaumont

Publié par dans :   Non classé
1 mai 2013

Une image, une histoire

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C’est en lisant La Presse un samedi matin que Sylvie Rémillard a vu des photos de l’Hôtel La Ferme. L’une d’elles a retenu son attention, alors qu’elle a cru y reconnaître sa mère, Jeannine Desjardins-Rémillard.

La photo, dont la prise est estimée au début des années 1960, présente une scène d’hiver dans un champ, où est située aujourd’hui l’intersection des routes 138 et 362, avec quatre personnes assises sur deux motoneiges. Jeannine Desjardins-Rémillard est l’une des quatre, reconnaissable par son manteau de fourrure, dont la coupe se démarque des autres.

Sylvie Rémillard a décidé de préparer une surprise pour sa mère. Après un bon repas au Restaurant Les Labours, elles se sont dirigées, accompagnées du directeur général de l’Hôtel La Ferme, Richard Germain, à la chambre 125 du Bâtiment principal pour y découvrir la photo en tête de lit. C’est lorsqu’elle s’est reconnue que Jeannine Desjardins-Rémillard a vécu toute une gamme d’émotions, se remémorant de nombreux souvenirs.

« Nous étions hôteliers, à l’Hôtel Baie-Saint-Paul, autrefois situé juste à côté de l’emplacement actuel de l’Hôtel La Ferme. Nous travaillions fort toute la journée, alors j’aimais aller faire des randonnées en motoneige en fin de journée pour me détendre et prendre une petite pause », raconte-t-elle.

« Mes frères et moi avons passé notre enfance et notre adolescence à jouer dans les champs devant ce qui était à l’époque la ferme des sœurs. Que cette photo se retrouve ici a beaucoup de sens pour nous. C’est aussi une photo très spéciale pour maman. Elle lui rappelle les trop rares moments où elle pouvait se libérer pour aller faire de la motoneige avec des amis en plein après-midi, entre le service du midi et celui du soir dans la salle à manger », note Sylvie Rémillard.

La conception de l’Hôtel La Ferme vise à créer un pont entre le passé et le présent de Baie-Saint-Paul et de Charlevoix. Les photos qui ont été sélectionnées aux Archives nationales du Québec font partie de cette démarche.

« Les photos affichées dans les chambres sont plus que des images, chacune d’elles raconte une histoire. Elles représentent l’authenticité de Charlevoix tant recherchée par les voyageurs. C’est un honneur de perpétuer la mémoire de Jeannine Desjardins-Rémillard et de sa famille, d’autant plus que ce sont, tout comme nous, des hôteliers », conclut Richard Germain.

Texte Matthieu Tremblay
Crédit photo : Lili Lemieux

Publié par dans :   Hôtel La Ferme

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9 avril 2013

Abandon

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Crédit photo : Alain Blanchette

Au fil des années, on apprend à laisser aller. On développe des automatismes qu’on applique à des situations particulières, comme des séquences préenregistrées qu’on fait jouer lors de certains moments. Plus personne ne porte toute son attention sur son brossage de dents. On ne casse plus la tête lorsqu’on attache nos souliers. Et parfois, malheureusement, on ne consacre pas toute notre attention à la personne qui nous parle.

Si on devait se concentrer sur chaque chose qu’on effectuait dans une journée, on ne ferait probablement rien de concret, mis à part devenir fou. Et au fil du temps, notre corps embarque dans la danse. Il travaille pour nous, afin que nous puissions nous concentrer à autre chose. Il respire pour nous, il nous dicte quand manger et quand boire, il calcule la trajectoire des projectiles qu’on lance et il ferme notre main au bon moment sur une balle. Il se trompe rarement et il lui faut faire confiance. La preuve, lorsque vous transportez un verre d’eau rempli à ras bord et que vous marchez très lentement, les yeux fixés sur ce dernier pour éviter de le renverser, c’est souvent ce qui arrive. La prochaine fois, regardez devant vous et marchez d’un pas assuré, votre corps saura qu’il doit rester stable et agira en conséquence, sans que vous n’y consacriez ne serait-ce qu’une once de votre attention.

Ce samedi 6 avril, plusieurs personnes ont appris à laisser aller. Ils se tenaient au sommet d’une pente, face à un imposant bassin d’eau entourée d’une masse de spectateurs réclamant un spectacle. Leur mission : traverser cette marre d’eau glaciale.

Toutes les variables étaient contre eux. La pente de neige, d’un angle peu enviable, les menait directement vers les abysses du bassin. La gravité n’attendait que le bon moment pour exercer son attraction. Et si les participants restaient debout malgré tout, la friction était là pour ralentir leur élan. Mais ils ont décidé d’ignorer le verre plein à ras bord, prêt à renverser et ont foncé droit devant.

Et qui aurait cru à un tel spectacle. Les premières traversées ont gonflé la confiance des participants, qui semblaient avoir même oublié à quel point le verre était sur le point de chavirer et sont allés dans la fantaisie. Les spectateurs ont eu la chance d’assister à des traversées à un ski, des gens main dans la main, des 360 à la fin du bassin, des 180 dans l’eau, des gens peu vêtus et quelques chutes mémorables. Sacrée ambition.

J’ai pour ma part tenté la traversée en skiant à reculons. Tout de jeans vêtu, j’ai dû absorber la moitié du volume d’eau de la fosse… Mais je suis remonté et j’ai réessayé, avec plus de vitesse. Résultat, une traversée réussie.

Bref, tous les participants ont appris à lâcher prise et à se faire confiance. Tous ont sans doute vécu des moments mémorables dans ce bassin et les spectateurs aussi, même s’ils se sont parfois faits arrosés.

Et si vous vous trouviez au sommet de la pente ce jour-là, nerveux d’affronter ce bassin si imposant, la seule chose qu’on vous aurait dite, c’est : « Va vite, c’est facile. »

Oubliez le verre, quoi.

Publié par dans :   Montagne ski

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